Le Soir - (10/04/2008)

Le partage de véhicule gagne du terrain (CAMBIO- VAP)

Le partage de véhicule gagne du terrain

jeudi 10 avril 2008, 06:38

http://blogs.lesoir.be/empreinte-eco/2008/04/10/a-214-euros-le-litre-j%E2%80%99abandonne-ma-voiture/

Ça résonne comme un problème de maths : sachant que le déplacement moyen de l’automobiliste belge est de moins de 5 km, que le coût de revient d’une (petite) voiture est de plus de 400 euros par mois, que la rentabilité d’un achat est très faible en dessous de 12.000 km par an et voyant le peu de temps d’utilisation que le Belge moyen a de sa très chère auto… est-ce vraiment raisonnable de mobiliser du capital familial pour en stationner une, si pas deux, devant chez soi, 24 h sur 24 ?

En Belgique, plus de 5.000 personnes ont répondu non et pratiquent aujourd’hui le « car sharing » (partage de voiture) initié en 2002 par la société Cambio. L’idée est aussi simple que les données du problème : des autos sont disponibles pour ceux qui en ont besoin à des endroits fixes, dans les principales villes du pays (notamment à proximité des gares). L’utilisation est facturée suivant un subtil mélange de temps et de kilomètres parcourus, selon le type d’abonnement souscrit (start, bonus ou comfort, en fonction de la fréquence d’utilisation). Le véhicule lui-même est adaptable aux besoins, de la petite citadine au monospace familial.

Le réseau met aujourd’hui 190 autos à disposition de ses abonnés à travers 73 « stations » réparties dans treize villes. Logique d’un système fondamentalement urbain, c’est Bruxelles, avec 3.000 abonnés (dont 10 % d’abonnement professionnels), cent voitures et 31 stations qui a le mieux répondu à la proposition, devant la Flandre (environ 1.500 abonnés et 70 véhicules) et la Wallonie (seulement 750 abonnés et une vingtaine de voitures). Les utilisateurs concernés sont souvent ceux qui hésitent à acheter un deuxième véhicule.

Cambio vise à l’utilisation rationnelle de ses véhicules. Le système reste donc onéreux pour l’utilisateur qui voudrait juste un véhicule à disposition, devant chez lui, « au cas où ». Objectif : inciter l’utilisateur à choisir, en fonction de ses besoins réels, entre voiture, taxi ou transports en commun. Il réserve ensuite son véhicule (24 h sur 24 sur le Net ou par téléphone) pour une durée déterminée et ne doit s’occuper de rien d’autre. La facture mensuelle moyenne tourne autour de 80 euros.

Autosuffisant (pour du partage de voiture, c’est le moins…), le projet Cambio agit en partenariat avec les sociétés de transports en commun.

A plus petite échelle, l’ASBL Voitures à partager (VAP) propose un covoiturage sous forme d’autostop. Claire Laloux a lancé l’initiative en septembre 2005, à Watermael-Boitsfort : « J’étais heurtée par le nombre d’automobilistes qui circulent seuls dans leur voiture… Comment les inciter à prendre un passager pour de courts trajets dans la commune, aux alentours, ou pour se rendre à une gare, une station de métro ou un arrêt de bus ? »

Appel entendu : 565 automobilistes sont membres de l’ASBL à Watermael et 260 autres en dehors. Mais peu pratiquent activement. « Les mentalités doivent évoluer, dit Claire. La commune nous y aidera en permettant l’installation de trois ou quatre panneaux d’embarquement, pour faciliter le contact entre automobilistes et autostoppeurs. »

Eric RENETTE, avec R. G.

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