Le Soir : Les conducteurs de VAP restent souvent seuls

samedi 24 septembre 2011

Page sur le covoiturage dans le cadre de la semaine de la Mobilité

Vanessa Lhuillier
Le pouce en l’air de l’auto-stoppeur a été remplacé par une petite carte verte au logo sympathique. Les VAP, Voitures à plusieurs, sont nées à Watermael-Boitsfort en 2005. Claire Laloux, conseillère communale Ecolo, s’était rendu compte que de nombreuses personnes se déplaçaient seules dans leurs voitures alors que des piétons se rendaient au même endroit.

Faire du stop n’est pas une pratique sécurisante aussi bien pour l’auto-stoppeur que pour l’automobiliste. Comment faire pour les rassurer ? Avec le système des VAP, chaque utilisateur doit s’inscrire au préalable pour recevoir un kit du Vappeur. Celui-ci contient des pictogrammes pour le métro, la gare, le centre ainsi qu’une carte de membre.

L’automobiliste doit placer sa carte en haut à droite sur son pare-brise. Le piéton doit aussi présenter sa carte et attendre au pied des panneaux VAP qu’un gentil automobiliste veuille bien le prendre dans son véhicule. Plus les membres sont nombreux, plus le système est efficace.

Depuis son lancement, quelque 1.200 personnes se sont inscrites. Mais, dans la réalité, les utilisateurs sont beaucoup moins nombreux. Du coup, les VAP ont un peu de mal à décoller en milieu urbain. Dans la Région bruxelloise, seules Auderghem et Watermael-Boitsfort ont accepté de planter des panneaux VAP sur leurs trottoirs. « Ce n’est pas assez, confie Claire Laloux. Je crois que les bourgmestres ont peur qu’il arrive quelque chose et n’osent pas donner un coup de pouce à l’initiative. Pourtant, cela complète idéalement l’offre de la Stib surtout en fin de ligne et dans les liaisons interquartiers. Par exemple, aucun transport en commun ne fait la liaison entre le square de Trois Tilleuls à Boitsfort et la station de métro Demey. »

Justement, Greis, jeune étudiante en droit à l’ULB, souhaite se rendre à la station Demey. Elle s’est inscrite sur le site des VAP voici quelques mois mais n’a pour le moment utilisé le système qu’une seule fois « pour aller de Delta à Louvain-La-Neuve ». Un trajet souvent emprunté par les auto-stoppeurs.

A 18 heures, un mardi, le rond-point des Trois Tilleuls est un lieu de passage moyennement fréquenté. La jeune fille attend patiemment en montrant sa carte dès qu’une voiture s’approche. Certains conducteurs lui adressent un petit sourire gêné, d’autres ne la regardent même pas. « Pour le moment, une seule voiture avait le macaron mais Demey ne devait pas être sur sa route. »

Au bout de 8 minutes, une conductrice s’arrête et propose de prendre Greis. Elle n’a pourtant pas la carte VAP. « Je travaille à l’école Heiligenborre et ce quartier est très mal desservi en transports en commun. Cela m’est déjà arrivé plusieurs fois de prendre des Vappeurs même si je ne suis pas inscrite. Le principal est de se rendre service. » A présent, Claire Laloux compte surtout développer le concept en zone rurale avant de revenir à Bruxelles encore plus déterminée.

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