La Libre : Goûter-souper à la Mobilité

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vendredi 18 septembre 2009

Une initiative du quartier du Vieux Sainte-Anne à Auderghem.
On se croirait à un goûter d’anniversaire. Des cris d’enfant remplissent l’air froid et humide de cette fin de journée. Une suite de tentes abrite les activités. Des activités sans ballons, mais avec des parents. Dans ce jardin public de la rue du Villageois, une quarantaine de riverains se sont réunis. Menu du jour : tartes et boissons, mais surtout un problème, celui de la mobilité. Et une idée : utiliser sa voiture autrement.

Chaque tente a son projet. La première, la plus colorée et la plus déserte, est celle des enfants. Comment imaginez-vous votre rue ? De nombreux dessins traînent sur les tables. Les quelques-uns qui répondent au sujet seront exposés aux fenêtres du quartier pour la Semaine de la mobilité. En réalité, les enfants ont vite détourné leur attention du sujet, et de l’atelier.

Qu’à cela ne tienne, chez les adultes, on voit les choses bien sérieusement. Claire explique le "Vap", un système de covoiturage soutenu par la Stib. Très bientôt, des panneaux expliqueront le Vap dans tout Auderghem : "Les automobilistes s’inscrivent, reçoivent une carte de membre qu’ils mettent sur leur pare-brise. Ça signifie qu’ils sont disponibles pour le covoiturage." Bruno De Lille (Groen ), secrétaire d’état à la Mobilité douce, écoute les explications. "Je vous donne ma carte, je ne vais rien vous promettre, mais vous êtes la première à qui je donne ma carte."

Sous sa tonnelle, René Coubeau affiche son "Eco Citizen Award", prix national obtenu en juin pour sa philosophie de conduite : "Je propose aux automobilistes de limiter leur vitesse à 110km/h. En roulant un peu moins vite, j’ai découvert qu’il y avait de nombreux avantages : sur la route vers la mer, on subit moins l’effet "accordéon", grâce aux distances qu’on a avec la voiture devant. Quand elle freine, on ne doit pas forcément freiner. On use moins les freins et les pneus. Et sur 100 km, on économise en moyenne un litre de carburant." Les voitures qui optent pour le 110km/h affichent un petit autocollant sur leur pare-brise arrière.

D’autres habitants présentent une exposition de photos du quartier. Pas très artistiques mais explicites. Elles illustrent le parcours d’une poussette ou d’une chaise pour handicapé, à travers les multiples pièges et incohérences des rues. Un parcours du combattant. Le message s’adresse aux autorités communales.

C’est d’ailleurs devant ces photos que se rend le nouvel arrivant. Une bonne dizaine de riverains l’interpellent : "Si je peux me permettre, M. Gossuin..." Le bourgmestre de la commune, Didier Gossuin (MR), fait des grands gestes et se défend. "On ne peut pas mettre des poteaux partout." "Je vais vous donner des chiffres." "La loi ne le permet pas." "On n’est pas des shérifs." "Heureusement qu’on a beaucoup de patience ! ", lâche un voisin resté à l’écart.

Pas question d’agressivité. L’ambiance reste conviviale, tout comme les objectifs poursuivis. "Le but est d’avoir une meilleure qualité de vie en développant la coopération entre voisins, insiste Alice, membre de l’équipe de la Mobilité. Nous souhaitons un partage de la rue pour tous, y compris les enfants et les personnes handicapées." Ce soir, c’est autour d’un verre qu’ils partageront l’espace avec les autorités. "Comme ça, ça se finit bien ", blaguent les habitants.

MM. (st.)

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