La Libre : Partageons les voitures

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lundi 1er septembre 2008

Partageons les voitures
Sophie Devillers

Mis en ligne le 01/09/2008

Dès cette rentrée scolaire, un groupe de citoyens propose une nouvelle alternative de déplacement dans le centre du Brabant. Ils lancent le VAP, pour "voitures à partager". Soit un réseau d’utilisateurs d’auto-stop sécurisé.
La rentrée est là, avec aussi les retours, pour les automobilistes, des embouteillages. Un groupe de citoyens d’Ottignies propose de les affronter d’une façon différente. L’idée : revaloriser l’auto-stop, et dans le même temps, poser un petit geste de la planète, en réduisant l’impact du trafic routier.

Un groupe de citoyens basés à Ottignies, Villers-la-Ville et Court-Saint-Etienne, s’apprête à lancer une antenne VAP dans le centre du Brabant wallon, dès cette rentrée scolaire. VAP, pour "voitures à partager", soit du covoiturage sous forme d’auto-stop encadré pour circuler dans sa commune, aux alentours, ou pour se rendre à une gare ou un arrêt de bus. Des antennes VAP existent déjà dans deux communes bruxelloises, lancées par une habitante de Watermael-Boitsfort. "L’idée, c’était de réduire l’utilisation de la voiture uniquement pour soi tout seul et de circuler pour plusieurs personnes", explique Claire Van Bellinghen, initiatrice du projet pilote à Bruxelles. "Le but du projet est d’essayer d’encourager un réseau d’utilisateurs d’auto-stop sécurisé".

Concrètement, les personnes sont invitées à s’inscrire sur le site internet (www.vap-vap.be). Elles recevront alors le "kit du vappeur", comprenant notamment un badge et une carte à afficher sur la voiture. Le piéton se place sur le bord de la route ou à un point d’embarquement prévu et fait du stop en montrant son insigne VAP et une pancarte avec sa direction. L’automobiliste, de son côté, place la carte VAP sur son pare-brise et embarque le piéton s’il va dans le même sens. Excepté les cinq euros d’inscriptions, la pratique des VAP est gratuite et se veut "complémentaire aux transports publics", tout en développant une forme de solidarité.

A Watermael-Boitsfort, 600 personnes se sont inscrites. "Actuellement, à Watermael-Boitsfort, on voit pas mal de voitures avec leur carte VAP, mais pour le moment, je me bats à la commune pour avoir des panneaux d’embarquements, qui indiqueraient un endroit où les piétons peuvent attendre les automobilistes". Cet équipement donnerait plus d’efficacité au système, pense Claire Van Bellinghen.

Deux publics visés

A Ottignies, les initiateurs du projet profiteront de la semaine de la mobilité pour présenter leur projet aux usagers potentiels. Au moins deux types de public sont visés. "Celui des habitants des villages avoisinant Louvain-la-Neuve et qui y viennent en voiture. Parmi les personnes potentiellement capables de venir à Ottignies-Louvain-la-Neuve en stop, ce sont les étudiants qui sont les plus susceptibles de le faire. On pense ainsi aux villages de Court-Saint-Etienne, Mont-Saint-Guibert, Vieusart, Corroy-le-Grand...", explique l’Ottintoise Julie Chantry, une des initiatrices pour le centre du Brabant wallon. Par ailleurs, à Villers-la-Ville, il existe déjà un réseau de covoiturage organisé qui devrait prendre part au projet VAP. En outre, "on se rend compte que la gare d’Ottignies polarise énormément de passage", poursuit Julie Chantry. "Les gens y viennent des villages avoisinants pour prendre leur train direct. C’est un public potentiel. On voudrait d’ailleurs créer un point d’arrêt VAP à la gare d’Ottignies, afin que les gens se rendant à cette gare puissent pratiquer le covoiturage".

Une séance de sensibilisation aura d’ailleurs lieu à la gare d’Ottignies en septembre. "Nous voudrions notamment que les gens identifient le lieu de provenance des autres voyageurs et qu’ils puissent de rassembler par lieux de provenance". Les initiateurs du groupe VAP sont soutenus par la commune d’Ottignies, et constituent à présent un sous-groupe du conseil consultatif de la mobilité.

VAP a également reçu le soutien de la commune de La Hulpe, qui veut répondre à ses soucis d’embouteillage. Le collège a rencontré Claire Van Bellinghen et a accepté de lancer le VAP comme projet pilote, dans le cadre de la semaine de la mobilité. C’est ainsi la commune qui va se charger de centraliser les inscriptions, et deux panneaux d’embarquement pourraient être plantés à la gare et à la sortie de La Hulpe vers Bruxelles. D’autres communes brabançonnes ont d’ailleurs été contactées, comme Jodoigne, où l’ASBL Crabe (Coopération, recherche et animation du Brabant wallon de l’Est) s’est montrée intéressée.

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