La Libre : "En voiture, Simone !"

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En voiture, Simone !
Myriam Leroy

Mis en ligne le 27/08/2010

Le partage de voitures diminue les émissions de CO2, les bouchons, le stress… Mais certaines de ses déclinaisons fonctionnent mieux que d’autres.

Dans la famille "Partageons la route", je demande le petit-fils : l’auto-stop. Ou peut-être est-ce le grand-père ? Ce mode de déplacement existe en tout cas depuis toujours, mais connaît un regain d’intérêt depuis que certains essaient de l’organiser, de l’institutionnaliser.

La différence avec le stop classique ? La sécurité. Le pouce en l’air tombant en désuétude au fil des "mauvaises rencontres".

Claire Laloux a démarré le projet VAP (voitures à plusieurs) en 2005 à Watermael-Boitsfort. "J’ai toujours été sensible à toutes les questions environnementales, et à un moment donné, je me suis dit qu’il était temps de passer à la pratique, qu’avec les files interminables de véhicules tous les jours sur nos routes, il y avait un défi à relever. Et qu’on pouvait changer les choses relativement facilement." Elle a donc répondu à un appel à projets de la Région wallonne, obtenu un microsubside, et débuté une ASBL d’autopartage. "Nous avons été nominés pour plusieurs prix et bourses, et avons remporté une bourse de la Fondation Roi Baudouin. Nous avons pris cela comme un indicateur d’intérêt par rapport à notre projet", raconte celle qui fait ses courses en autostop.

Depuis, 21 communes (sur 27) du Brabant wallon et deux communes bruxelloises (Watermael-Boitsfort et Auderghem) ont adhéré à sa structure. Principe : les "vappeurs" (qu’ils soient à pied ou à quatre roues) se reconnaissent grâce aux cartes VAP qu’ils brandissent à bout de bras ou affichent sur leur pare-brise. Ils se rencontrent dans des zones prévues à cet effet, signalées par des panneaux (la Province du Brabant wallon a ainsi dépensé 12 000 euros pour la confection de ces plaques). Et se choisissent en fonction de leur destination. Rien de plus simple pour parvenir à bon port, donc. Sauf que, sur le petit millier de membres recensés en cinq ans, des vappeurs actifs, il n’y en a pas tant que ça. Et surtout, que les chauffeurs sont bien plus nombreux que les piétons. "On remarque que le concept intéresse les gens et les médias, mais qu’ils ne pratiquent pas. Je crois que les piétons n’osent pas. Qu’ils n’aiment pas être redevables."

L’ASBL VAP se donne encore un peu plus d’un an (jusqu’à la semaine de la mobilité 2011) pour que son projet décolle, pour amorcer la pompe. Et a compris qu’elle ne pouvait le porter seule. "Je n’ai plus l’énergie de tout faire. Mon but, à ce stade, est de créer l’envie auprès d’autres institutions - communales, citoyennes - de se lancer dans les VAP", confesse Claire Laloux.

Prochaine bouteille à la mer : l’élargissement du service aux jeunes de 16 à 18 ans qui n’ont pas encore leur permis. Une nouveauté qui sera dévoilée dans les moindres détails sous peu, et qui a d’ores et déjà reçu le soutien du délégué général aux droits de l’enfant.

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