En Marche (mars 2010)

Faire du Stop en Brabant wallon

http://www.enmarche.be/Actualite/Echos_actualite/Echos1427.htm

Faire du stop en Brabant wallon

Sous le poids de la pression démographique, les besoins de mobilité dans l’est du Brabant wallon sont écrasants. Une initiative originale d’auto stop "encadré" devrait bientôt glisser une goutte d’huile bienvenue dans les engrenages encrassés des déplacements de cette région.

En matière de mobilité, l’est du Brabant wallon fait figure de région maudite. Des villages entiers ne voient jamais un seul bus passer. La desserte ferroviaire est quasiment nulle. Le “tout à la voiture” règne en maître avec, pour corollaire, l’insécurité dans les rues villageoises et de plus en plus de nœuds d’engorgement routier. Situation paradoxale, puisque la région compte des milliers d’étudiants (5.000 rien qu’à Jodoigne !) et puisqu’elle assiste chaque année à un nouveau… train d’arrivants fuyant la ville.

Maudite à tout jamais ? Pas si sûr. Cette zone a aussi des atouts : une attitude bienveillante envers l’auto-stop, qui reste assez couramment pratiqué, de même qu’une certaine convivialité : la solidarité entre voisins n’est pas un vain mot et l’anonymat du citoyen n’est pas aussi flagrant qu’en ville.

Inspiré par le programme européen Leader (redynamisation socio-économique du tissu rural), un groupe d’action local (GAL) a eu pour idée de créer un VAP en partenariat avec les communes. Comprenez : “Voiture à Passagers” ou “Voiture à Plusieurs”. Concrètement, une centrale de mobilité enregistre les automobilistes qui sont prêts à ouvrir leur voiture à des piétons dépourvus de moyen de locomotion. Coût pour chacun des partenaires : 5 euros. Le piéton se voit remettre une plaquette qu’il brandit au bord de la chaussée lorsqu’il fait du stop. L’automobiliste, qui dispose également d’une plaquette d’identification, s’arrête alors et les deux “associés” s’accordent sur la destination.

Avantages du VAP : les lieux de “stop” sont sécurisés et systématiquement choisis en fonction du contrôle social ambiant (éclairage, proximité de commerces, etc.). Chacun est identifié par la centrale, qui gère d’éventuels problèmes entre “vappeurs”. Des liens se créent, la convivialité y gagne et la dualisation des campagnes est ralentie.

Le VAP de l’est du Brabant, qui vient d’être lancé, porte sur Jodoigne, Beauvechain, Hélécine, Incourt, Orp-Jauche et Ramillies, soit 60 villages et hameaux (41.200 habitants). Il hisse à 25 (sur 27) le nombre de communes brabançonnes qui, après Watermael et Auderghem (Bruxelles), sont couvertes par ce système souple, léger et quasiment gratuit. Une réserve : il s’adresse actuellement aux plus de 18 ans. Mais cet inconvénient ne semble pas immuable.

// Ph.L.

>> Infos : Philippe SCHREURS : 010/81.40.50 – ou http://www.crabe.be/mobilite

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